Festivals-RA : tous les festivals en Rhône-Alpes
>> LE MOT De l'ete
Ca y est, c'est l'été ! Plages, baignades, ping-pong et pastis, bronzage, canicules, boîtes de nuit et mal de tête, karaoké... mais surtout, 150 festivals dans la région Rhône-Alpes ! Et même si c'est la musique qui a le dessus (comme d'habitude) avec des artistes de renommés et/ou de qualités, il n'y a pas que ça ! Il y a la poésie aussi, le théâtre, le cinéma, les ateliers... toute une palette artistique éparpillée entre les Alpes et la Loire. Ca méritait bien une newsletter un peu longue, avec un parcours déambulatoire pour les deux mois à venir, quatre interviews passionnantes... que les plus audacieux préparent vite leurs affaires, ça commence ce week-end avec un nouveau venu.
Bon festivals à tous ! Charly Villedieu
 
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>> bienvenu au festival Pianissimes D'ete

Edition n° 1 / Les 8 et 9 juillet / Musique classique / 69-Rhône

Commençons ces deux mois de déambulations festivalières par de la musique classique, bonne entrée en matière proposée par l'associaiton Dièse, créée en juillet 2005 et soutenue dès le 1èr concert par la commune de Saint Germain au Mont d'Or. Laissons place à Catherine Alexandre pour nous en parler :

> Déjà 30 festivals de musique classique se déroulent en juillet, quelles sont les raisons qui vous ont incitées à créer le festival des Piannissimes ?

Catherine Alexandre : Il n'existait rien jusqu'à présent en festival classique en plein air. Le cadre, à 2 pas de chez moi, est superbe et Dièse rêvait d'y organiser des concerts. L'infrastructure du Domaine des Hautannes est parfaitement adaptée et la combe du parc est un véritable théâtre naturel de verdure. Le projet a plu immédiatement à la municipalité. Et le succès remporté tout au long de notre première saison de concerts mensuels ainsi que le nombre croissant d'adhérents nous ont portés pour la réalisation de ce projet.

> Vous dites vouloir attirer un public moins initié à la musique classique, comment cela va se traduire concrètement ?
Catherine Alexandre : Nous voulons effectivement d'une part attirer les néophytes grâce à une grande simplicité d'accueil du public, des propos d'avant-concerts qui allient pédagogie et humour, et des dîners d'après-concerts très conviviaux en présence des artistes. A ma grande surprise, les personnes qui découvrent l'émotion des concerts ont une bien meilleure écoute que beaucoup de spécialistes présents dans les salles de concerts traditionnelles ! Aux Pianissimes, on vient pour écouter et non pour se faire voir !
Nous voulons aussi attirer davantage le jeune public et cette année par exemple toutes les classes de l'école communale (190 élèves de 7 à 12 ans) ont pu assister à une rencontre avec un pianiste. Nous avons également remis des invitations à chaque élève de la classe de piano de l'Ecole de Musique de Saint Germain et tous les enfants peuvent assister gratuitement aux répétitions. enfin, pour tous les élèves des Ecoles de musique et les moins de 25 ans, les places sont à 5 € et pour eux, pour le festival, les 5 concerts sont à 20 €.

> Quelle sont les autres activités de l'association Dièse, ses objectifs ? Pouvez-vous nous parler un peu de l'équipe organisatrice ?
Catherine Alexandre : Nous organisons un concert par mois dans la série des Pianissimes soit à l'Auditorium Georges Brassens soit à l'église, en fonction des formations et du répertoire. Nos principaux objectifs sont de faire connaître au public les artistes pour lesquels nous avons eu des coups-de-coeur et aussi, pour les artistes, de porter leur talent au plus grand nombre et d'être un soutien pour les plus jeunes d'entre eux.
Dièse est née d'une passion commune pour la Musique et nous faisons cela par pur plaisir. Nous sommes tous bénévoles. L'équipe organisatrice compte 9 membres au Conseil d'Administration, présidé par Christian FILHOL, et de plus en plus de bénévoles nous rejoignent et nous apportent une aide précieuse lors des principaux temps forts. Le bouche à oreille fonctionne bien et Dièse fait des adeptes. Les médias nous suivent très bien également. Bref, de nombreuses preuves encourageantes qui prouvent que nous avons bien un rôle à jouer dans le paysage culturel régional.

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>> le 9 juillet a musilac...
Edition n°5 / Du 7 au 9 juillet / Musiques actuelles, rock / 73-Savoie

Pour ceux qui refuseraient d'aller aux Pianissimes d'été, ou qui iraient à Aix-les-bains dès le lendemain, il y a Musilac ! Festival de musiques actuelles bien organisé qui programme chaque année des artistes de qualité. Passons donc les soirées du 7 et du 8 juillet  (avec Bernard Lavilliers, Diam's et Laurent Garnier&Bugge Wesseltoft le même soir sur la même scène !?) pour arriver directement au dimanche 9... A partir de 17h30 sur la scène principale se succéderont Hubert Felix Thiéfaine (20h20), Thomas Fersen (21h15), Emilie Simon (22h20) et Louise Attaque (23h30)... de bons moments en perspectives, surtout quand l'on a vu l'ambiance incroyable qu'il y avait au Transbordeur (à Lyon) pour le concert de HF Thiéfaine (mi-mars).

Mais il y a aussi la scène découverte qui démarrera à 13h : vous pourrez y voir gratuitement La Taroupe sur la Glabelle (cinq ménestrels affreux, sales et méchants) , Dôei (sonorités indiennes aux bidouilles vintages), Mango Gadzi et Zen Zila. Et il va falloir s'organiser car il y a encore une autre scène, locale cette fois, avec du Pop-rock, du Heavy rock et de l'Affro-jazz francophone.


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>> Percupassion
Edition n°9 / Du 9 au 16 juillet / Musique / 69-Rhône

Ca y est, vous pouvez réchauffer vos peaux de chèvres, en clair sortir vos percus au parc. Vous qui avez laissé dormir votre instrument à côté du canapé tout l'hiver allez pouvoir lui faire prendre le soleil. D'autant qu'il y a de la concurrence au festival Percupassion ! Il va falloir vous mesurer à tous les percussionistes de la région Rhône-Alpes qui se sont donnés rendez-vous du 10 au 14 juillet (suivi du concert-compte-rendu le 15). Que les pacifistes se rassurent, le tout est prévu dans une ambiance créative et conviviale. Les amateurs de musique y trouveraont leur compte aussi, avec des concerts présentant la fine fleur des plus grandes : David Patrois, le VIP de la percussion, Gilles Rancitelli à la caisse claire, Inor Sotolongo, un des plus brillants percussionnistes afro-cubain de la nouvelle génération. Toute la percussion est représentée ici à travers les batteurs Michael Schack et Tommy Snyder, entre autres, que vous pourrez rencontrer tous les jours à 14h lors de conférences bien rythmées. Ah ? Je ne vous ai pas dit ? Avec une percussion on peut faire du rap, de la funk, et de l'éléctro. A vous de voir...
Il n'y a pas que les concerts et c'est aussi l'intérêt de ce festival qui se déroule désormais à Oullins, près de Lyon. Les matins et après-midi, vous pourrez suivre des cours : percussions afro-cubaines, du brésil, orientales, initiation à la capoeira, formation à la batterie... tout ça avec des professionnels !

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>> Les COtes Du rock au sommet ?
Du 17 au 19 juillet / Musique :actuelles, rock / 38-Isère

Waouh ! C'est ce que l'on a envie de dire quand on découvre la programmation 2006 des Côtes du Rock, qui se déroule au théâtre antique de Vienne. Certains y seront déjà venu pour le célèbre festival de Jazz, où y reviendront pour Les Authentiks (le 20 juillet), mais c'est toujours un plaisir d'y passez une soirée. Waouh donc !

The Who en tournée mondiale et Massive Attack à la suite ! Rien que ça ! Bon y'a aussi Diam's le 19 (décidement...) mais ca tombe mal, le mercredi, j'ai piscine...
Et déjà on se pose la question : qui vont-ils bien pouvoir programmer l'année prochaine ?

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L'histoire de The Who

Attardons-nous un peu sur ce groupe emblématique issu d'une première formation fondée en 1961 , the Detours. Après un temps bref sous le nom « The High Numbers », ils ont choisi leur nom final en 1964 . Composé de Roger Daltrey , Pete Townshend , John Entwistle et Keith Moon , The Who impose un rock'n'roll explosif et des jeux scéniques jugés parfois outranciers. Il était à l'époque considéré comme le porte-étendard du mouvement mods qui s'opposait aux rockers . À ses débuts, le groupe fit beaucoup parler de lui, car les concerts se finissaient invariablement par la destruction d'instruments (principalement la guitare de Pete Townshend ). À ce titre, le groupe est parfois considéré comme un des précurseurs du mouvement punk par sa violence. Le message de My Generation  : « I hope I'll die before I get old » ( j'espère mourir avant de devenir vieux ), peut être en effet rapproché du No Future des Sex Pistols . Par la suite, The Who fit partie, avec Pink Floyd , des précurseurs de l'utilisation de synthétiseurs et de séquenceurs pour ajouter des sonorités proprement électroniques.
Le 7 septembre 1978 , Keith Moon meurt d'une surdose du médicament qu'il prenait pour traiter son alcoolisme. Le groupe décide de continuer avec le batteur Kenny Jones et enregistre encore quelques albums, avant sa séparation en 1983 .
Le 27 juin 2002 , John Entwistle décède à son tour d'une crise cardiaque dans sa chambre d'hotel à Las Vegas à la veille d'une série de concerts.
En 2005, le groupe alors seulement composé de Daltrey et de Townshend, se reforme dans le cadre du concert humanitaire du Live 8 interprétant entre autres Won't Get Fooled Again. L'année suivante ils remètent ça en organisant une nouvelle tournée. Un disque studio est par ailleurs prévu...
Merci Wikipedia !
 
>> textes en l'air de bon matin
Edition n°3 / Du 25 au 30 juillet / théâtre, lectures, poésie... / 38-Isère
Pour finir tranquillement ce mois de juillet plutôt musical, rendons-nous en Isère pour le festival Textes en l'air. Un élixir de poésie, de théâtre, de lectures, d'ateliers... et c'est toute la journée : les premières séances, gratuites, démarrent à 10h par de la poésie (polissonne, libertine et baroque le 27), histoire de bien commencer la journée. Puis des lectures à 16h, dans le village ou au salon aux gypseries. Une fois le cerveau bien chauffé, vous voilà prêt pour du théâtre petite ou grande forme, entendez en solo/duo ou avec plusieurs comédiens. Une dizaine de pièces étalées sur toute la durée du festival, dont Comment je suis devenu stupide, Décadence, Bonnes chères, Ma famille... que des thèmes prometteurs. Pour les extrémistes de la musique, rassurez-vous, il y aura de la chanson le 30, 2 concerts séparés par un banquet !

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>> eclat final haut en couleur aux nuits de fourviere
Jusqu'au 4 août / Musique, spectacle vivant / 69-Rhône
Après un mois et demi de concerts, de spectacles de danse et de théâtre, le festival Nuits de Fourvière s'achève avec un éclat final haut en couleur ! "Une nuit festive et curieuse, une invitation au voyage avec la rencontre entre Hip Hopeurs hexagonaux et danseurs sud-africains, un concert ébouriffant de folklore Yiddish revisité, et le plaisir de retrouver la chic planète d'Hubert Mounier" peut-on lire sur le site Internet de la manifestation. Avis aux amateurs d'éclectisme !

HUBERT MOUNIER
Hubert Mounier, l'ancien leader de l'Affaire Louis Trio -le groupe lyonnais qui a fait le bonheur des ondes radios pendant une douzaine d'années- a abandonné sa houppette et ses pseudonymes pour retrouver son identité. Hier zazou survolté chantant Chic planète, Hubert Mounier revient aujourd'hui au disque et à la scène avec le magnifique Voyager léger, qu'il co-signe avec le talentueux Benjamin Biolay.

C'est également un retour aux sources de son univers musical : harmonies soignées, orchestrations précises et vibrantes, mélodies pop et généreuses qu'auraient pu signer Lennon & McCartney. Au final, Hubert Mounier a tout d'un « clown crooner » qui ne choisit pas entre la fantaisie des tubes de l'Affaire Louis Trio et le charme de ses mélodies, habitées par une voix à la chaleur instantanée et bouleversante. extrait du site
C'est le 4 août à partir de 19h. Plein Tarif : 15 € / Tarif Jeunes : 10 €

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>> bravo, tout simplement
Edition n°20 / Du 14 au 20 août / Spectacle vivant : théâtre / 42-Loire
Après une interruption en 2005, le festival Bravos de la nuit revient consolidé, avec une édition plus étoffée mais privilégiant toujours les jeunes compagnies et les jeunes auteurs. Elsa Lorente, chargé de production, nous en dit plus sur ce festival qui fête cette année son 20ème printemps :
> Le festival n'a pas eut lieu en 2005, c'est la 20ème édition cette année....avez-vous prévu des événements particuliers ?
Elsa Lorente : le festival 2005 n'a pas eu lieu, car l'équipe avait besoin de faire une pause nécessaire ; elle ressentait le besoin de se restructurer également pour pouvoir repartir sur de nouvelle bases.
En effet, le festival d'années en années prend une ampleur considérable, et l'équipe de bénévoles  de l'association a embauché une personne à mi-temps sur toute l'année pour professionnaliser le festival (d'où mon rôle de chargée de prod.)
En 2006, en plus des 6 pièces proposées, des contes, des stages de contes, des lectures publiques...de nouvelles actions culturelles vont avoir lieu : des 'cartes blanches aux compagnies' (les comédiens  vont pouvoir faire partager leur travail et leur passion de façon différente, de la manière dont elles veulent parler au public, tous les jours à 16h et 18h). Aussi, une expérience de conte pour tout petit (3 mois-3 ans) verra le jour en matinée.

Une création de spectacle jouée par les collégiens de Pélussin sera présentée pendant le festival (la metteur en scène et comédienne Corinne Méric fait le pari de faire jouer des non professionnels devant un vrai public...les jeunes vont aussi pendant tout le festival pouvoir communiquer avec les comédiens, et vivre de l'intérieur les Bravos)

> Les Bravos de la nuit font jouer de 'Jeunes compagnies régionales'.... est-ce selon vous le rôle d'un festival de porter uniquement son attention sur les jeunes artistes en manque de reconnaissance ?
Elsa Lorente : Les Bravos de la Nuit privilégient le fait de travailler avec des jeunes compagnies régionales en effet. Ce n'est pas parce qu'elles sont meilleures que les autres mais, au niveau Rhône-Alpes, le bouillonnement est très important. Il me semble aussi que c'est en Rhône-Alpes qu'il y a le plus de compagnies.
Avec 2 grandes écoles comme l'ENSATT de Lyon et L'école de la Comédie de St Etienne, les festivals découvrent de jeunes talents prometteurs. Et c'est bien le rôle ici, important, de leur permettre un coup de pouce, un tremplin pour leur future carrière.
Donc, ici, le festival remplit pleinement son rôle, de faire découvrir au public les jeunes talents régionaux (aussi nombreux et divers soient-ils, en privilégiant bien sûr et toujours la qualité artistique des compagnies)
J'ajoute que les comédiens ne sont pas en manque de reconnaissance, ils sont seulement jeunes (la reconnaissance se fait avec le temps), et les places sont chères (beaucoup de compagnies pour de moins en moins de lieux),

> Pouvez-vous nous rappeler l'histoire du festival : comment a-t-il vu le jour ? Comment a-t-il évolué ? Ses objectifs ?
Elsa Lorente : Le festival est né en 1986, suite à l'année commémorative de la naissance de Gaston Baty à Pélussin en 1885. Jean Paul Chazalon, déjà créateur du festival de jazz de Rive de Gier, a eu envie de donner une suite à cet évènement en créant un festival de rencontres et de jeux de comédiens qu'il avait envie de retrouver. Au fil des années, les Bravos se sont étoffés tout en gardant cet esprit de rencontres entre tous les festivaliers (comédiens, public, techniciens et organisateurs avec, comme objectif, de faciliter l'accès au théâtre à un monde rural.
Puis s'est mixé un brassage de population du fait de sa notoriété grandissante (public mixte citadin et rural).
Depuis 5 ans, le festival se dirige vers un théâtre essentiellement d'auteur contemporain, de compagnies acceptant le jeu de s'ouvrir au public durant leurs 15 jours de résidence, et d'un engagement toujours plus prononcé de soutien aux jeunes comédiens et jeunes metteurs en scène par des coproductions.
L'objectif reste le même : créer du 'vrai théâtre' contemporain en milieu rural, faciliter son approche par tous les publics et créer le désir d'aller découvrir le théâtre dans les salles environnantes, d'où la création de partenariat avec les théâtres de Firminy et Vienne.


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>> futura dit OUI AU WEEK-END DES 35 HEURES !
Edition n°14 / Du 18 au 20 août / Musique, contemporaine : acousmatique / 26-Drôme

Non, Futura n'est pas un festival venu du future ! Même si la musique acoustomatique peut parfois sembler venir d'ailleurs, ce n'est pas des étoiles, mais des bidouillages savants de l'artiste. Et Futura s'y connais depuis 13 éditions, alors vous pouvez aller vous y installer les yeux fermés ! Denis Dufour nous explique cela dans une interview :

> Pouvez-vous nous dire quelques mots sur l'origine et l'évolution du festival Futura ?
Denis Dufour : A l'origine, le festival était dédié à l'art acousmatique, ceci dès sa création en 1993, à Crest dans la Drôme, par Jean-François Minjard, Robert Curtet et moi-même. Mais tout de suite, nous avions souhaité rapprocher l'acousmatique d'autres disciplines dont la démarche de production est voisine : cinéma expérimental, art vidéo, photographie, arts plastiques.
En effet, notre parti pris fut d'écarter d'emblée toute idée de raccordement à la musique "live", car l'expérience nous avait enseigné qu'il existe bien plus de liens possibles, de passerelles et de curiosité mutuelle entre les praticiens de l'art acousmatique et ceux du cinéma, de la vidéo, de la photo, des arts plastiques (et leurs publics respectifs), qu'entre le monde musical "traditionnel" et notre propre univers. Cette année, le plasticien Arnaud Poumarat, grâce à sa "Sphère de lumière", balisera les "35 heures" avec une imposante scénographie lumineuse.
Quant au choix de la ville de Crest, il n'émane d'aucune instance institutionnelle : ni du ministère de la culture, ni de la région, ni du département, ni de la municipalité, mais du fait que j'ai moi-même résidé sur le territoire de cette commune pendant près de quinze ans.
Les sources de financement obtenues ont vite été plafonnées et ne nous ont jamais permis d'employer aucun permanent, ni de fonctionner au même niveau que d'autres festivals de même dimension en région Rhône-Alpes. C'est pour cette raison que je le dirige désormais seul, bénévolement, depuis près de 10 ans.
Malgré cela, Futura a su offrir aux auditeurs les musiques des plus grands compositeurs du genre tels Pierre Henry (dont nous avions programmé 26 heures de musique ininterrompue en 1998), ou encore Pierre Schaeffer, Karlheinz Stockhausen, Bernard Parmegiani, Luc Ferrari, etc. dont nous avons joué l'intégrale de leur œuvre acousmatique, et enfin plusieurs centaines de compositeurs de toutes esthétiques et de tous pays. Nous avons également, dès 1997, programmé de nombreux créateurs issus des scènes électroniques et expérimentales.

> Cette année, vous proposez 35 heures de musique ininterrompues. Y a-t-il une raison particulière ? Ne craignez-vous pas que se soit difficile à suivre pour le public ?
Denis Dufour : 35 heures de musiques ininterrompues, cela ne veut pas dire que le public est tenu d'assister à tout ! Mais c'est une proposition inhabituelle pour un public à la recherche de moments de vie exceptionnels. N'est-on pas en droit d'attendre cela d'une manifestation artistique ? C'est pourquoi, cette année, nous avons voulu renouer avec les nuits blanches qui avaient fait le succès de Futura des neuf premières éditions du festival depuis 1994. Ainsi, au lieu d'une semaine de concerts close par une nuit, nous avons choisi d'encadrer une journée par deux nuits blanches. Notre public, coutumier de cela, avait pris ses habitudes et venait s'installer dans la salle comme pour y "loger", se laissant porter par les musiques et les sons, sans compter les heures, le jour et la nuit se fondant comme dans un rêve. Nos interprètes, dans cette situation, ont toujours eu la sensation de transporter les passagers d'un grand navire. Nous avions observé que, paradoxalement, il est plus facile pour le public de se plonger en continu dans ce bain sonore et dans l'écoute des œuvres où chacun choisit son degré d'attention ou de somnolence selon les pièces. C'est aussi pourquoi nous leur suggérons d'apporter tapis de sol, oreillers, duvets, couvertures…
Pour ceux qui ne souhaitent suivre que quelques instants du festival, il y a des chaises, et nous avons réparti ces 35 heures en 30 concerts, avec de courtes pauses entre chaque pour permettre les entrées et les sorties sans que cela dérange le déroulement de la manifestation.

> Pouvez-vous nous parler un peu des musiques acousmatiques…
Denis Dufour : Acousmatique, se dit d'un bruit qu'on entend sans voir les causes qui le produisent. Voilà pour la définition du dictionnaire. Une œuvre acousmatique est un travail de création sonore issu des diverses opérations du studio (enregistrement, montage, mixage, filtrage, échantillonnage, etc.) et dont le résultat final n'apparaît que sur support audio (disque souple, bande magnétique et aujourd'hui support numérique) et entendu à travers le haut-parleur.
C'est Pierre Schaeffer, ingénieur des Postes et Télécommunication travaillant à la Radiodiffusion française, qui invente en 1948 une nouvelle forme d'expression artistique qu'il baptise "musique concrète", appelé également "musique acousmatique". Il est rejoint en 1949 par Pierre Henry qui devient le compositeur majeur de ce nouvel art et à qui nous consacrons d'ailleurs un concert lors de ces "35 heures".
Le concert acousmatique consiste en une spatialisation en direct (pensée et maîtrisée, issue de nombreuses répétitions) de l'œuvre sur acousmonium, dispositif de projection du son. Cette année, l'acousmonium est constitué de 100 haut-parleurs spécifiques implantés dans l'espace du concert et d'une console à 72 voies de diffusion. C'est un véritable instrument qui permet de faire varier l'intensité, la densité, la couleur, la vitesse… des sons et de mettre les œuvres en espace pour créer un véritable spectacle pour l'oreille. Cet orchestre de haut-parleurs, dont le Lyonnais Jonathan Prager est le titulaire, requiert de la part des interprètes une très grande connaissance des œuvres, une sensibilité musicale et sonore hors pair, et une grande virtuosité.


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>> LES ETATS DU FILM DOCUMENTAIRE
Du 20 au 26 août / Cinéma / 07-Ardèche

Déjà le 20 aout ! Il va falloir penser à s'activer les méninges avant la rentrée ! Heureusement, les Etats Généraux du film documentaire nous prêtent leur écran en plein air pour une remise à niveau. Au delà des quelques monuments cinématographiques que s'est procuré le festival, il nous offre des conférences jusque là réservées au Collège de France. "Rosselini et la télévision" par Alain Bergala entre autres, une bonne partie de l'oeuvre de Benoit Jacquot (L'école de la chair, Jacques Lacan psychanalyse I et II...) mais aussi quelques voyages pour prolonger les vacances. Rendez-vous avec l'Afrique les 25 et 26 août, avec Israël et sa production pour le moins prolixe les 22 et 23... quelques séances tout de même. Parce que le documentaire s'apparente nécessairement au point de vue d'un auteur, les Etats a choisi de les confronter. Les séances "d'Incertains regards" (à ne pas confondre avec la sélection off du festival de Cannes !) se veulent ouvertes à toutes les interprétations. Voilà une belle façon d'ouvrir de nouveaux horizons à un genre parfois difficile à définir. Qui a dit que le cinéma appartenait aux critiques?

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>> un bren de folie pour finir
Edition n°1 / Du 25 au 27 août / Pluridisciplinaire / 26-Drôme

Ca y est, la fin de l'été est là, prêt à nous narguer. Certains ont déjà repris, d'autres bientôt et les étudiants chanceux, dans un mois environ... mais qu'importe, allons quand même arpenter un autre festival, on se reposera plus tard ! Alors pour boucler la boucle, voici la 1ère édition d'Un Bren de Folie, présentée par Julien de l'association Cultivons-nous. Il y aura de tout à Bren( pour le beau jeu de mot), et pour tout le monde : musique rock, jeux pour enfants, expos, conférences... et j'en oubli certainement.

> C’est la première édition du festival, quelles sont vos motivations, vos objectifs ?
Julien : Depuis presque un an, l’idée d’organiser un festival nous trottait dans la tête. Tous les membres de l’association participent à des festivals, plus ou moins souvent, suivant les personnes. Nous souhaitons, avec « Un Bren de Folie », organiser un festival différent de ce qui se fait habituellement, où les participant sont plus actif-ve-s, font plus que consommer de la culture.
C’est pour cela que nous souhaitons mettre sur pied des ateliers découverte, des discussions et débats, et une cantine collective auto-gérée.

> Il y a beaucoup d’activités différentes dans votre évènement, quel(s) type(s) de public(s) visez-vous ? Ne craignez-vous pas un éparpillement ?
Julien : Nous souhaitons viser un public le plus large possible. Notre évènement se veut multiculturel afin de toucher le plus de monde possible, d’où notamment l’éclectisme des styles musicaux lors du concert. Nous ne craignons donc pas un éparpillement, la diversité des activités étant volontaire.
Pour expliquer cette diversité, il faut dire que nous avons accepté quasiment toutes les opportunités d’activité culturelle qui se sont présentées. Peut-être que la prochaine édition sera plus ciblée, c’est l’expérience que nous tirerons de cette première édition qui nous guidera certainement.

> Organisez-vous d’autres manifestations dans l’année ? Pouvez-vous nous parler de l’équipe organisatrice ?
Julien : L’association Cultivons-nous, par son appellation, veut refléter le double sens de la culture : d’une part la culture intellectuelle, et d’autre part la culture de la terre. Alors, nous avons déjà organisé deux débats, le premier sur « l’autonomie en milieu rural », le second sur « la décroissance », ainsi qu’un exposé suivit d’un théâtre actif sur le thème de la démocratie représentative (et ses défauts). Nous avons également organisé trois concerts.
Enfin, l’autre aspect de la culture est représenté par la mise en place et la gestion d’un jardin collectif et d’une ruche. Ceux-ci sont placés chez des membres de l’association, et chacun s’y rend lorsqu’il le peut et/ou veut. Le concept fonctionne assez bien, et nous permet de nous rencontrer régulièrement, de nous initier au jardinage, de pratiquer des essais, de « nouvelles techniques », et enfin, de partager les récoltes.
L’équipe organisatrice est composée d’une vingtaine de jeunes de la Drôme des collines, tous motivés et prêts à faire bouger le secteur !


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